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| Naviguer en Haute Meuse |
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La navigation de plaisance en Haute Meuse.
Les plaisanciers sont en droit de se demander la raison pour laquelle notre asbl se plaît à promouvoir la navigation de plaisance en Haute Meuse. Cette navigation est-elle réellement différente de celle sur la Sambre, sur l’Escaut ou sur les canaux français ? Et si oui, en quoi consiste ces différences tellement appréciées des habitués de la Haute Meuse ?
Pour répondre à cette question et pour vous donner un aperçu des sensations qu’éprouve un plaisancier qui navigue sur la Meuse entre Namur et Charleville-Mézières, voici quelques extraits du journal de bord de notre commodore qui, tous les trois ans, remonte son bateau de Bruxelles vers Anseremme après un entretien approfondi de sa coque dans la capitale.
Nous sommes le jeudi 8 avril 2010, il est 8h du matin. Notre commodore et son épouse appareillent du port du BRYC à Bruxelles. Jeudi 8h : nous larguons les amarres et Jolanda s’élance dans l’eau crasseuse du canal de Bruxelles à Charleroi. La couleur des nuages, de l’eau, du ciel se confond avec celle de la fumée qui s’élève de la cheminée de l’incinérateur.
Après vingt minutes de navigation l’écluse de Molenbeek se présente devant nous. Nous sommes prévenus par VHF qu’il nous faudra attendre l’arrivée d’un commerce de 80m qui prendra place avant nous dans l’écluse. A 9h20 nous pénétrons enfin dans le sas à la suite de la péniche qui crache ses volutes de fumées nauséabondes. L’hélice du monstre provoque de tels remous que Jolanda est balancée de droite à gauche sans ménagement. Je suis furieux car le règlement stipule que l’éclusage devrait se faire hélice au repos…
Les deux premiers jours, le voyage de notre commodore et de son épouse à bord de Jolanda se déroule dans les mêmes conditions : priorité aux commerces, attentes interminables aux écluses, navigation derrière les péniches dans des eaux sales et polluées, paysages tristes et industriels, seules sont appréciées les conversations amicales avec certains éclusiers et les échanges de « bonjours » avec les bateliers.
Aux eaux du Canal de Bruxelles à Charleroi succèdent celles de la Sambre. Malheureusement ici aussi, les mêmes inconforts dus aux industries qui jouxtent la rivière parsèment le récit du voyage. Enfin voilà Namur. Jolanda vire sur tribord et entre sur la Meuse à hauteur de Jambes. A partir de maintenant tout change.
Reprenons le carnet de bord de notre commodore à son troisième jour de voyage : Samedi 9h30 : Jolanda tout-à-coup se libère. Pourtant nous sommes contre le courant mais rien y fait, devant l’espace qui s’offre à elle, notre fidèle trentenaire retrouve sa pleine liberté et en profite. Elle monte et descend les vaguelettes avec délectation. Elle navigue enfin dans une eau propre. Le fleuve s’offre à elle immense et bienveillant. Il lui ouvre ses écluses les unes après les autres, sans attente, sans énervement, sans escorte. Des quatre kilomètres par heure de moyenne sur la Sambre, nous passons à huit dès la première heure, écluses comprises.
Il fait encore froid en ce début avril mais ici sur la Meuse le printemps est déjà bien présent et n'a pas peur de le montrer. Les cygnes, les hérons, les oies et les canards s’en donnent à cœur joie. Nous retrouvons petit-à-petit cette ambiance mosane toute particulière. Alain, le chef éclusier à « La Plante » nous prend en photo pour alimenter son site internet. Au fur et à mesure que nous montons le fleuve, les paysages deviennent sauvages, gigantesques, étonnants. Les falaises prennent peu à peu la place des prairies. Les haltes fluviales sont partout présentes et invitent les plaisanciers à s’amarrer le temps d’admirer les magnifiques paysages mosans. Les ruines des châteaux féodaux succèdent aux citadelles qui elles-mêmes succèdent aux restaurants en nid d’aigle qui dominent les hauteurs de part et d’autre du fleuve.
Voilà enfin Dinant et ses toitures en bulbes caractéristiques, ses terrasses de restaurant qui bordent l'eau, ses bateaux-mouches, son ambiance bon enfant. Puis c'est l'écluse d'Anseremme, la dernière du voyage. Jolanda longe la file de yachts amarrés au quai "Van Geert". Ils viennent juste de gagner leurs emplacements d'été. Moteur au ralenti, Jolanda longe maintenant le site du "Prieuré" où le calme et la sérénité règnent ici en maîtres. Trois cents mètres plus loin, au détour d'un méandre, côté bâbord, le petit pont de pierre qui marque l'entrée du port d'Anseremme fait son apparition.
Jolanda décélère encore et pénètre dans la petite darse où tout semble endormi. Je fais bien attention à ce que le bruit du moteur ne trahisse pas notre arrivée car ici c'est le domaine de la nonchalance, de la douceur de vivre et de la convivialité et tout cela dans un environnnement de rêve. Quelle chance d’avoir une place dans le plus joli port de Belgique ! Je crois qu’il n’y a rien à ajouter, notre commodore a tout dit. Si vous avez été séduits par les charmes de la navigation en Haute Meuse, n’hésitez pas à venir nous rendre une petite visite, vous ne serez pas déçu. Et pourquoi pas, dès lors que vous n'êtes qu'à trois jours de navigation de Charleville-Mézières, pousser une petite pointe jusque-là à travers des paysages encore plus époustouflants ? > (photo) Un méandre de la Meuse près de Fumay (F), à quelques centaines de mètres de la frontière belge.
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